#1 Si je ne vote pas, ce sera de ma faute si le Front National passe.

Il est tout à fait possible que si vous votez, le FN emporte quand même le scrutin. À partir de ce moment-là, la nouvelle présidente sera heureuse de pouvoir clamer haut et fort son élection et sa légitimité populaire, en exposant l’idée que le « peuple a parlé ».

Le peuple qui a parlé, c’est aussi vous, acteurs/actrices du vote qui vous êtes levé.e pour aller approuver le système de représentation politique. En votant, vous donnez de la légitimité aux élu.e.s, quel.le.s qu’ils/elles soient, même si vous n’avez pas personnellement voté pour eux/elles, et quelles que soient leurs politiques.

Le refus d’aller voter concrétise un refus de l’ordre politique tel qu’on nous le propose aujourd’hui. Mais surtout, le simple fait d’en arriver à cette logique du moindre mal n’est-il pas le cœur du problème ?

La réaction aux attentats, uniquement sécuritaire et militaire, l’état d’urgence depuis un an et demi, les amitiés avec des régimes autoritaires (l’Arabie Saoudite ou la Turquie d’Erdogan, pour ne citer qu’eux), une islamophobie d’État assumée, le traitement absolument honteux des migrant.e.s, les assassinats par les forces de l’ordre dans les quartiers populaires depuis des années – le dernier : celui d’Adama Traoré, le jour de ses 24 ans – des militant.e.s écologistes assigné.e.s à résidences, des manifestations matées dans le sang, des manifestant.e.s éborgné.e.s par la police, des réunions antifascistes interrompues par une police armée de fusils d’assaut, la mort de Rémi Fraisse, 21 ans ; le gouvernement a franchi un nouveau seuil de brutalité politique. Dès lors, les idées du FN n’apparaissent plus si lointaines, et on peut se demander si celui-ci aurait pu aller beaucoup plus loin.

 

De plus, même s’il promet du changement, le FN sera évidemment soumis aux mêmes logiques que les précédents gouvernements, s’il est élu (la pression de l’union européenne, des multinationales, des banques, des organisations internationales). L’histoire de la république française nous prouve bien que le président élu ne tient, au mieux, qu’une très faible partie de ses promesses. Il n’y a pas de raison que le FN déroge à cette vieille tradition. Néanmoins, on vous l’accorde, s’il arrive en mai, le FN fera peut- être encore pire. Or cela ne lui sera possible seulement à cause des politiques menées par les précédents gouvernements. Si l’on a peur du FN car c’est un parti qui prône l’autoritarisme et le racisme, ne faut-il pas plus se méfier de ceux qui n’en parlent jamais, mais les banalisent tranquillement ? Ce que l’on veut dire par tout ça, c’est que l’autoritarisme, ou bien les politiques ouvertement d’extrême droite, n’arrivent jamais du jour au lendemain. Le pire n’est jamais une rupture. C’est un climat qui s’installe peu à peu dans une société. Ce sont des habitudes qu’on nous fait prendre. Des militaires dans les rues, des fouilles constantes, des caméras partout et une partie de la population montrée du doigt, ne sont-ils pas autant de signes que ce climat est déjà présent ? Et ce, sans que le FN n’ait jamais eu aucun poste au gouvernement.

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