#9 Si personne ne vote, c’est le chaos.

Quel genre de chaos ? Car les guerres, les catastrophes écologiques, les crises économiques, migratoires, ne sont-elles pas déjà présentes et en augmentation ? Les personnes au pouvoir, partout dans ce monde, ne sont- elles pas elles-mêmes les artisans du chaos vers lequel on se dirige ? N’est-ce pas, justement, la responsabilité des élus ?

Et pourquoi ne pas croire, au contraire, qu’en arrêtant de penser que le changement viendra d’en haut, nous pourrions sortir de cette spirale destructrice ? On nous répondra que c’est impossible de se prendre en main collectivement car l’homme est jaloux, mauvais, égoïste et qu’il ne peut pas vivre sans faire la guerre. Mais ces défauts, que l’on ne peut pas nier actuellement, ne sont-ils pas créés et amplifiés par les systèmes de gouvernement successifs ? Et si c’était eux justement qui, en décidant de nos modes de vie à notre place et pour conserver leurs privilèges, alimentaient ces travers ? On pourrait alors penser qu’il nous faut, plutôt que de remettre nos vies entre les mains de dirigeants, commencer à avoir confiance en nous- mêmes. En nos voisins, nos amis, notre famille, nos collègues. Si on essayait de créer des liens de solidarités qui nous permettraient de décider entre nous et pour nous de l’organisation de nos vies et de nos villes ; en partant de ce qu’il y a autour de nous, de nos quartiers, de nos lieux d’activités, d’études et de vie. Mais pour cela, il nous faut d’abord réfuter et refuser cette idée qu’on nous matraque sans arrêt : non, nous n’avons pas besoin que des personnes « compétentes » décident pour nous.

Évidemment, comme toujours lors de propositions de changement autrement que par le haut, on nous taxera d’utopistes. Et pourtant, nos espoirs ne naissent pas de nos rêves, mais bien d’exemples concrets : pendant des milliers d’années et dans une multitude d’espaces par le monde, des peuples ont vécu sans chef ou représentant. Et ce n’est pas anodin si l’histoire qu’on nous enseigne à l’école se prive bien de rappeler ces exemples. Pour ne citer qu’eux, nous vous conseillons d’aller voir du côté des peuples d’Asie du sud- est (Zomia, ou l’art de ne pas être gouverné) ou bien de l’Amazonie (La société contre l’Etat). Mais ce qui se passe aujourd’hui aussi peut nous inspirer. Jeter un coup d’œil à des expériences telles que le Chiapas (Mexique), Saillans (France) ou encore tous les mouvements des places de ces dernières années (Maidan, Tahir, Taksim, la Puerta del Sol, Occupy ou Nuit Debout) nous prouve bien que l’on peut s’organiser sans gouvernement ou représentant. Ces gens expérimentent déjà des modes de vies opposés à celui que nous connaissons et n’en vivent pas moins bien, au contraire. Leur vie n’est ni plus instable, ni mise en danger par l’absence de gouvernement.

Ces expériences ne sont pas des modèles qu’il nous faut essayer d’imiter pour remplacer la République française. Mais ils démontrent que changer de voie ne mène pas au chaos. Les solutions se trouvent dans l’expérimentation et la réflexion collective. Le temps des prophètes et des hommes providentiels a assez duré.

#8 Au moins en France les élections ne sont pas truquées.

On peut être en désaccord avec « ceux/celles qui se battent pour pouvoir voter » sans se ranger du côté de ceux/celles qui les empêchent de le faire ou qui truquent les élections. Dire que je ne vote pas à mon ami égyptien ne fait pas de moi un Moubarak (ou a fortiori un Sissi). Et mon ami le comprend bien. Comme tout un chacun, il peut aussi comprendre pourquoi je refuse le suffrage universel pratiqué dans les démocraties occidentales. Et même finir par être d’accord…

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#7 Des gens sont morts pour le droit de vote.

Premièrement, mourir pour une idée ne veut pas dire que cette idée est bonne. Quand bien même des gens seraient morts, est-ce que cela doit déterminer nos pratiques jusqu’à la fin des temps ? Ces femmes et ces hommes se battaient pour une époque et pour une population, dans des circonstances particulières et qui ont évolué depuis.

 

On ne construit pas une société en sanctuarisant des figures du passé que l’on folklorise à notre guise…

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#5 Si j’élis mes représentants, dans un sens c’est moi qui gouverne et qui choisis.

Vous sentez-vous sincèrement à l’origine des décisions politiques prises par les élu.e.s ? Par exemple, en ce qui concerne les député.e.s, leur mandat leur est donné pour 5 ans, et ils/elles peuvent prendre toutes les décisions qu’ils/ elles veulent sans avoir à se rattacher à leur programme ou à l’avis des gens qui les ont élu.e.s.

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#4 Mon vote, c’est le seul pouvoir que j’ai alors je ne vais pas le gâcher !

C’est justement le fait que ce soit « notre seul pouvoir » qui est un problème. Chaque membre d’une collectivité est légitime à contribuer à la politique de manière constante, et non pas ponctuellement. Le fait de « redevenir citoyen » juste le temps de l’élection est un problème en soi, car cela signifie que nous ne serions pas aptes à nous exprimer davantage sur ce qui régit pourtant nos vies au quotidien.

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#3 Si je m’abstiens, on va encore râler sur les jeunes dépolitisés et irresponsables.

Entendre un.e jeune ou un.e moins jeune dire que « ça ne sert à rien d’aller voter » ne veut pas dire qu’il/elle n’a pas d’idée sur comment il faudrait organiser nos vies.

La politisation ne se mesure pas au vote ou bien à la capacité de parler rationnellement de « politique ».

Si on s’active pour remettre en cause frontalement le système représentatif dans son ensemble, c’est justement une marque de conscience politique.

Notre abstention, nous ne la vivons pas comme un acte dépolitisé : nous sommes trop conscient.e.s de ce qui se joue autour de cette élection présidentielle.

 

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